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Un énoncé surpris par hasard
Lorsqu’Allen Ginsberg s’enregistre sur un magnétophone et capte fortuitement des émissions de radio, le souffle du vent et des conversations, des agents du FBI et de la CIA l’écoutent, à la recherche d’aveux involontaires. En considérant ces agents comme de sérieux théoriciens de la poésie, Lytle Shaw montre qu’ils s’inspirent des expérimentations d’avant-garde et transforment une technique libératrice en un outil répressif.
Lytle Shaw enseigne la littérature à l’Université de New York. Il a publié Frank O’Hara : The Poetics of Coterie en 2006 (University of Iowa Press) et Fieldworks : From Place to Site in Postwar Poetics en 2013 (University of Alabama). En 2021, est paru New Grounds for Dutch Landscape (OEI).
Désolation
Un hôpital où un corps est connecté à un dispositif médical. Un pré faussement idyllique sous lequel grouillent des câbles. Des rivages où des formes oscillent entre ensevelissement et immersion. Dans Désolation, Verity Spott propose une poésie fantasmagorique entre narration, prose et dialogues. L’expression des sentiments bouleverse les attributions des pronoms personnels et les structures syntaxiques. Des identités changeantes prennent à partie les politiques d’austérité et les voix d’extrême droite. Livre de deuil et d’amour qui frôle la satire, Désolation travaille une écriture hybride où s’entrelacent la poésie lyrique, des images tirées de blockbusters et le langage des démagogues pour contrer les moules qui tenteraient de dicter la forme de nos chagrins.
Verity Spott vit à Brighton, écrit de la poésie et fait des performances. Ses derniers livres comprennent Click Away Close Door Say (Contraband Books, 2017) et le recueil de ses Coronelles (Veer Books, 2021).
Le Discours des autres
Craig Owens (1950-1990) a bouleversé la théorie de l’art en une décennie d’intense travail. À la fin des années 1970, aux États-Unis, il s’engage dans l’aventure intellectuelle postmoderne, en quête d’alternatives à un discours moderniste cramponné aux problèmes formels. Owens se penche sur des pratiques artistiques conçues à la croisée des médiums, comme celles de Robert Smithson ou de Trisha Brown. Lecteur des philosophes poststructuralistes, il soutient que les oeuvres se composent de signes ouverts à l’interprétation. Owens place ainsi les spectateur·ices au premier plan, tout en apportant une inscription théorique inédite aux performances de Laurie Anderson et aux oeuvres postconceptuelles de Barbara Kruger, Cindy Sherman, Sherrie Levine ou Martha Rosler. Attentif au genre des artistes et inspiré par des réflexions sur le pouvoir du regard masculin, Owens écrit ensuite sur le féminisme et la domination. Ses essais prennent une tonalité sociale et politique. Ils touchent aussi à des questions ouvertes par les études postcoloniales. Autant de recherches interrompues par le sida, dont Owens meurt en 1990.
Ce recueil, établi, introduit et traduit par Gaëtan Thomas, permet de suivre les expérimentations d’une oeuvre portée par une réflexivité exceptionnelle.
Gaëtan Thomas est historien (médialab Sciences Po, Paris). Il a établi le recueil Pictures: S’approprier la photographie, New York 1979-2014 (Le Point du Jour, 2016) qui rassemble des textes de Douglas Crimp.
We Know What Remains Unsaid
Ramaya Tegegne, Tiphanie Blanc
The second volume of a new series of publications by the collective Wages For Wages Against, acting for better work conditions in the visual arts and against all forms of discrimination.
We Know What Remains Unsaid presents research on the mechanisms of invisibilisation of precarious realities and activist knowledges. It investigates what our silences and the unsaid reveal. By giving a voice to several researchers, activists and collectives, this volume records silent words, forgotten stories, invisible struggles and thus makes possible the construction of alternative common narratives.
Wages For Wages Against (WFWA, wfwa.ch) is a a militant collective and a campaign for the fair remuneration of artists in Switzerland, better work conditions, and an alternative economy of the arts.
Edited by Tiphanie Blanc and Ramaya Tegegne.
Contributions by Gufo, Tiphanie Blanc, Johana Blanc, L'eau à la Butch, Tiziri Kandi, Noémi Michel, Olga Rozenblum.
Graphic Design: Roxane Maillet.
Ka Kualmaku
This artist's book is the achievement of the Ka Kualmaku project conducted in 2018 during a residency of Marc Buchy in Colombia, in Lugar A Dudas, during which the artist began to learn Namtrik, said to be a disappearing language. The book restores this learning as a Namtrik-French language guide.
La Redoutable
La Redoutable compile les archives lesbiennes de trois provenances distinctes mais complémentaires. Aux abords de l’ARCL (Archives Recherches Culture Lesbiennes) se rencontre Caroline Drieu, Roxanne Maillet et Suzette Robichon. Elles se racontent des mots imprimés sur des t-shirts et des gapettes. Ces slogans, fruits de détournements, plagiats et jeux de mots sont en plus d’être revendicateurs, des signes distinctifs pour un réseau de lesbiennes absolument occupées à incarner les attitudes qui les définissent. Ces viragos peuvent se connaître ou non, mais un jour, ielles se retrouveront certainement dans des jardins partagés, à des groupes de lecture, des barbecues ou des karaokés.
Mamma Rassise n°4
Fanzine de poésie à tendance médiévo-queer et son assortiment de goodies: encart BD et planche de stickers.
Avec :
@trobairitz_lactans @guillaumeseyller @matricule.mouche @ricardoakajohan
@sarahkorzec @constanceburgerleenhardt #HaroldBarme @touche_moulin #GraceGrenadine @estelle.coppolani @ninoa.andre @annesarah_huet @selibkide
Textes à lire à voix haute
A collection of texts by fifteen contemporary Brazilian authors who approach the notions of care and privilege from a transfeminist, anti-racist and decolonialcritical perspective.
Edited by Diane Lima, Cíntia Guedes, abigail Campos Leal.
Texts by Ricardo Aleixo, Pacha Ana, Castiel Vitorino Brasileiro, Monna Brutal, Rebeca Carapiá, Pêdra Costa, Ingrid Martins, muSa Michelle Mattiuzzi, Jota Mombaça, tatiana nascimento, Elton Panamby, Grace Passô, Miro Spinelli, Preto Téo, Lucas Veiga.
Translated from the Portuguese (Brasil) by Luana Almeida, Valentina D'Avenia, Léa Meier, aurore/a zachayus.
How to Become Irrésistibles
How to become Irrésistibles est une édition de l'école supérieure des beaux-arts de Bordeaux réalisée avec la maison d'édition How to Become.
Cette édition est née de l'énergie d'un groupe d'autrices étudiantes de l'école des beaux arts de Bordeaux. Elles (car il s'agit d'une majorité de femmes) se rassemblent dans les séminaires Irrésistibles – briser les cases (art-femmes-territoires) dirigés par Marie Legros, artiste et professeure. Ce séminaire a été créé par cette dernière en 2016 afin d'encourager les pratiques féministes dans l'écriture. Qu'est-ce que c'est ? Des façons autres d'écrire le genre (l'identité) et les genres (littéraires), la langue (nationale) et de faire entrer du commun dans l'écriture (en arrêtant d'en exclure les femmes, les homos, les personnes racisées, les prolos). Les étudiantes qui participent à ce séminaire, issues de nationalités différentes, s'en sont saisis pour tordre la généalogie poétique franco-française masculiniste. L'autrice et éditrice sabrina soyer (éditions How to become), invitée à prendre part aux recherches dans ce séminaire, a coordonné cet ouvrage en l'axant sur des échanges de traduction entre autrices et l'usage du français comme langue étrangère. Le livre explore – c'est à dire donne de la valeur à – différentes formes de contacts entre auteurices : traductions, réponses adressées, écriture sous influence ou fan fiction... Chaque langue et voix se tisse en écho à une autre, pas de poèmes isolés, un grand texte comme un grand corps amassé par rebonds et frottements.
Avec : Hani Yikyung Han, Nayun Eom, Charles Dauphinot, Layan Qarain, Viktoria Oresho, Samuel R. Delany, Seobin Park, Jie Liang, Rami Karim, Yu-Wen Wang, Ching-Chuan Kuo, Mélanie Blaison, Barbara Sirieix, sabrina soyer, Yan Tong Liu, Jessica Guez Karen Johanns, Marie Legros M, Esther Sauzet, Mira Mattar.
Wittig
Figure majeure du féminisme des années 1970, icône de l'écriture et de la pensée lesbiennes, Monique Wittig reste une énigme. Tenant à la fois de l'enquête, du récit et de l'étude, ce « brouillon pour une biographie » cherche à percer son mystère et à écrire sa « vie éternelle » – sa vie vécue et celle qu'elle continue d'avoir après sa mort. Nous n'en avons pas fini avec Wittig, cela ne fait que (re)commencer.
Émilie Notéris est une travailleuse du texte. Elle a préfacé les anarchistes Voltairine de Cleyre et Emma Goldman (Femmes et anarchistes, 2014) et traduit des écoféministes (Reclaim!, 2016 ; Manifeste xénoféministe), ainsi que les militantes féministes Sarah Schulman (La gentrification des esprits, 2018) et Shulamith Firestone (Zones mortes, 2020). Elle a publié en 2020 Macronique. Les choses qui n'existent pas existent quand même (Cambourakis, coll. « Sorcières »), texte de réaction écrit entre octobre 2019 et mars 2020 qui établit un relevé des violences policières, et Alma Matériau (Paraguay), une histoire féministe de l'art.
Desiderata
Desiderata is a collection of Lizzy Mercier Descloux's poetry, photos, and diaristic fragments from her visit to New York City in the winter of 1977. Only eighteen at the time, Descloux fell into the orbits of the nascent No Wave scene festering in Lower Manhattan, where she befriended Richard Hell, Patti Smith, and ZE Records founder Michel Esteban. Desideratacharts the musician's early ambitions as a writer, revealing a potent poetic voice that careens from acid-tinged social observations to outright Dadaist semantic revelry, interspersed with collages and hand-written notes. Originally composed entirely in French, this is the first time these works have ever appeared in English and this edition includes the original French facsimile bound tête-bêche with the new English translation.
Martine-Elisabeth "Lizzy" Mercier Descloux (16 December 1956 – 20 April 2004) was a French musician, singer-songwriter, composer, actress, writer and painter. She collaborated with a wide range of musicians including Wally Badarou and Chet Baker.
Emma Ramadan was initiated into the mystery of Bastet at the age of thirteen and rose to the station of High Scioness. After leaving the temple she hopped freight across the Maghreb, where she began translating esoterica carved into the boxcar walls. She has independently discovered numerous uncatalogued cave systems and varietals of nightshade tea. Her name appears on the underside of stones and in various magazines whose pages seem to turn on their own.
Translated by Emma Ramadan.
Bilingual edition: FR/ENG
Ventoline #4 – mai 2022
Ventoline est un fanzine né à la fois d’un enthousiasme quotidien pour ce qui se rapporte à la musique, et d’une véritable lassitude face à la quasi-absence de paroles féminines autour de ce vaste sujet. Commenter, critiquer, prescrire, partager ses histoires, ses goûts, ses dégoûts, en somme, sa culture musicale… Pourquoi si peu de femmes s’autorisent à le faire? Même lorsqu’elles programment, organisent, sonorisent des concerts, lorsqu’elles mixent tous les week-ends, pogotent au premier rang, lorsqu’elles sortent des disques, dessinent des affiches et récurent les tréfonds de Soulseek. Même lorsqu’elles produisent et consomment de la musique.
Le but de ce fanzine ne sera ni d’émettre des classements, ni de théoriser savamment afin d’être prises au sérieux. La musique nous a construites personnellement et socialement, il s’agira donc de partager nos expériences liées à elle —heureuses comme foireuses—, nos observations, nos fantasmes, nos figures tutélaires. Ce que ça fait, entre autres, de tourner pendant un mois dans un van, de passer pour la potiche de service ou de se prendre une claque au détour d’une compile. De Portland à Barcelone, en passant par Paris, Marseille, Bruxelles, Lyon et Leipzig, une douzaine de mélomanes polymorphes ont prêté leur voix à ce premier numéro de Ventoline.
Suckcess Magazine 1 — Winter 2021-22
Drama, careers, sabotage, compromises... The first issue of Suckcess Magazine begins with a selection of poems by the flamboyant Rene Ricard, edited with the help of Editions Lutanie, and continues with contributions from Miriam Laura Leonardi, Fabienne Audéoud, Camille Aleña, Gabi Losoncy, David Lieske, Sylvie Fanchon, Won Jin Choi, Estelle Hoy, and Bunny Rogers. Cartoons and tennis players are also on the program.
Poster Edition (bundle)
4 poèmes-affiches, format A3, impriméx en risographie au studio Colorama (Berlin), sur papiers variés, tirage à 150 exemplaires
«GASOLINE, Apocalypse 1998», «the category is: phone sex», «zona nudista», «(fête) sentimental-e-s» : étés d'apocalypse, émojis banane, cruising transocéanique, SMS en short, sales coeurs, baraques à frissons et grand-huit sentimental... ces poèmes courent toustes ~ à genoux, à nu ou en solex ~ après la question du désir, après l'amour aussi, avec une tendre obsession
Design graphique signé Auriane Preud’homme, Enz@ Le Garrec, Roxanne Maillet & Martha Salimbeni, avec des dessins de Gaëlle Loth
Poster Editions (single)
4 poèmes-affiches, format A3, impriméx en risographie au studio Colorama (Berlin), sur papiers variés, tirage à 150 exemplaires
«GASOLINE, Apocalypse 1998», «the category is: phone sex», «zona nudista», «(fête) sentimental-e-s» : étés d'apocalypse, émojis banane, cruising transocéanique, SMS en short, sales coeurs, baraques à frissons et grand-huit sentimental... ces poèmes courent toustes ~ à genoux, à nu ou en solex ~ après la question du désir, après l'amour aussi, avec une tendre obsession
Design graphique signé Auriane Preud’homme, Enz@ Le Garrec, Roxanne Maillet & Martha Salimbeni, avec des dessins de Gaëlle Loth
Expanded Nature – Écologies du cinéma expérimental
If it can be said that experimental filmmakers are "expanding" the artistic field through an exploration of the potencies, modes of dissemination, or even performance of the moving image, in the Anthropocene age, these practices hope for another kind of expansion: to expand our experience of nature.
Appending flowers to the film strip or burying it in the ground, inventing observation devices, allowing the camera to be affected by natural forces, engaging one's own filming body in a symbiotic relationship with the environment, reconstituting ecosystems at the moment of projection: the ecologies of experimental cinema presented in this book constitute forms of practice and engagement that awaken a heightened sensitivity to the living world through cooperative links, casting other beings as subjects and agents of filmic processes, and, finally, reshaping the economy of filmmaking. Thus, ecologies of perception, medium, production and multinaturalism are deployed, contributing to the restoration of our sensory bond with the natural world.
Addressing technical, aesthetic and anthropological issues of cinema, Expanded Nature – Écologies du cinéma expérimental (Ecologies of Experimental Cinema) considers how filmmakers and collectives from different parts of the globe form communities with other non-human beings and work through their films to deconstruct human privilege. At the crossroads of disciplines, anthropologists, philosophers, filmmakers and artists, and researchers in visual studies come together and investigate a different history of cinema, written from the point of view of nature.
Texts by Elio Della Noce, Scott MacDonald, Jean-Michel Durafour, Kim Knowles, Philip Hoffman & Janine Marchessault, Karel Doing, Chris Dymond, Alice Leroy, Rose Lowder, Chris Welsby, Yaniv Touati, Bidhan Jacobs, Lucas Murari, Teresa Castro, Colectivo Los Ingrávidos, Elizabeth A. Povinelli, Gérard Leblanc, Frédéric Brayard, Jacques Perconte, Vincent Deville, Lukas Brasiskis & Charlie Hewison.
One Shot
Improvisation infiltrates almost all dance, theatre and music practices, but when it becomes the essential modality through which performance is constructed, when it becomes a specific practice, a technique, a knowledge, an artistic trend, shouldn’t another word have been invented? When, moreover, this improvisation is practised, transmitted and commented on, at least since the 1960s in the United States, before it was picked up in Europe, don't we need for a book written by those who practise it, transmit it and carry it out at the heart of a lively practice today? This is a book which brings together content and form, an effervescent book which talks about improvisation, about "real time composition", by improvising.
ONE SHOT, dialogues on real time composition, written by Meg Stuart and Mark Tompkins, with images by video artist Gilles Toutevoix.
À L’ARRACHE: Portraits & récits de la scène musicale underground de Lyon, 1980—2020
« Des nuits des fêtes et de mille concerts que reste-il ? Des souvenirs brumeux de lieux improbables, des anecdotes en pagaille, une affiche dans ton salon, un flyer sur ton frigo, des histoires vertigineuses et des émotions de toutes sortes. On pensera aussi tout de suite à des visages, des rencontres, des aamitiés aui commencent au coin du bar ou fumant une cigarette dans un hangar glacial. Et puis ça se précise: tu te souviens tel concert génial, ce groupe qui t'obsède, cette salle moquette où tu écoutais des nappes de bruit, cette villa bourgeoise squatté qui débordait de sons obscurs et violents, cette ancienne usine occupée le temps d'un week-end par des teufeurs multicolores, un dojo de métalleux ou je ne sais quel autre endroit bizarre, on en veut encore. » [note de l'editeur]
336 pages de textes et d’images
format 18 x 26 cm
Graphisme : Félicité Landrivon avec Églantine Marcel
Éditions BARBAPOP, Décembre 2021
Fleurs du Mal
Charles Baudelaire, Antoine D'Agata
For Charles Baudelaire, the photographic medium is not an art but a technical means of representing reality. As a counterpoint to Baudelaire, Antoine d’Agata reworks his own photographs through digital intervention to return to engraving, as if to go from the pixel to the line of the time. He pushes photography to its limits, discarding the medium to return to the raw. Baudelaire’s texts thus enter into dialogue with photographs that have become engravings through wear and tear and manipulation, where the bodies blend together to give way to the poetry of the body.
The work is based on the original uncensored edition of Baudelaire’s collection accompanied by these engraved prints by d’Agata. Present and past are superimposed. Like a game of transparency that will present the frame of an image on the cover. In this work Fleurs du Mal, Baudelaire is a stroller, a spectator of the world around him, of urban transformations, while d’Agata embodies photography, life and reappropriates the space of the city by the gesture.
Two personalities meet on the occasion of the 200 years of the birth of Charles Baudelaire. Two artists who could have meet each other, debated, confronted each other. For d’Agata, Baudelaire leaves a legacy that must be pushed to extend its own reflection.
The artist intervenes on the edge of Baudelaire’s poems with personal reflections and quotations from his favorite thinkers, descendants of Baudelaire’s thought: Walter Benjamin, Guy Debord or Georges Bataille.
Affixed vertically to the poems, these handwritten interventions assert themselves while leaving the original text its own space. A second sense of reading is thus offered to the reader between Baudelaire’s text and the interpretation given by d’Agata through the words as much as through the engravings.
Écrits d'Artistes Sur L'Économie
Qu’advient-il de l’économie lorsqu’elle est pensée, inventée et rêvée par les artistes ? On le sait peu, mais nombreux furent celles et ceux qui, de la fin du XIXe siècle jusqu’à aujourd’hui, se firent un temps économistes, allant jusqu’à rédiger de véritables traités dont l’ambition affichée était de renouveler la discipline de fond en comble.
Qu’ils aient suivi une formation universitaire en économie, construit leur conception théorique de l’art en dialogue avec des économistes, ou élaboré un système théorique à part entière, ces artistes nous livrent une vision riche et singulière, tant sur la pensée économique de leur temps que sur les enjeux actuels. Valeur, travail, monnaie et capitalisme – autant de thèmes scrutés et revisités par ces textes, dont le présent ouvrage se propose de faire l’anthologie.
Avec: Joseph Beuys, Burkhard Brunn, Luis Camnitzer, Sophie Cras, Öyvind Fahlström, Robert Filliou, Roger Fry, Jack Green, Núria Güell, Raoul Hausmann, Isidore Isou, Asger Jorn, Vassily Kandinsky, Yves Klein, Pierre Klossowski, Mierle Laderman Ukeles, Kasimir Malevitch, William Morris, Jimmy Morrison, Giuseppe Pinot-Gallizio, Charlotte Posenenske, John Ruskin, Joe Scanlan, Allan Sekula, W.A.G.E. (Working Artists and the Greater Economy).
Visualisation. L'interprétation modélisante
Les diagrammes, cartes et visualisations de données ont conquis le domaine de la recherche en arts, lettres et sciences humaines. Pour certains chercheurs, ces formes graphiques consistent à exploiter des données quantitatives jusqu’ici délaissées, pour d’autres, elles offrent la possibilité d’explorer les relations discrètes qu’entretiennent des corpus hétérogènes. Mais sur quels fondements épistémologiques reposent ces opérations techniques et intellectuelles ? Dans le cadre de la production du savoir et de son interprétation en régime numérique, est-il possible de dépasser le simple effet d’affichage des données, certes bluffant au premier abord, et d’envisager autrement les interfaces et les logiciels ?
Considérée aujourd’hui comme l’une des plus importantes théoriciennes des humanités numériques, Johanna Drucker livre dans cet ouvrage, spécialement rédigé pour la collection, une alternative aux formes dominantes de la visualisation de l’information. Héritière de la tradition humaniste, elle propose une approche qui réhabilite l’idée d’un sujet situé et incarné qui expérimente et conceptualise les connaissances par le prisme de la représentation graphique.
La Gentrification des Esprits
La Gentrification des esprits est un retour captivant sur la crise du sida et l’activisme d’ACT UP dans le New York des années 1980 et 1990. Sarah Schulman, elle-même new-yorkaise et militante de la cause LGBT, se souvient de la disparition du centre-ville, pratiquement du jour au lendemain, de la culture rebelle queer, des loyers à bas coût et du prolifique mouvement artistique qui se développait au coeur de Manhattan, remplacés par des porte-parole gays conservateurs, ainsi que par le consumérisme de masse.
Elle décrit avec précision et engagement le « remplacement d’une communauté par une autre » et le processus de gentrification qui toucha ces quartiers concomitamment à la crise du sida. Sarah Schulman fait revivre pour nous le Lower East Side qu’elle a connu. Elle ravive autant le souvenir de ses ami•e•s de l’avant-garde queer que celui de l’ombre inquiétante des premières années de la crise du sida, telles que vécues par une militante. Les souvenirs personnels s’entremêlent à une analyse percutante des deux phénomènes, et du poids invisible qu’ils font aujourd’hui peser sur la société américaine.
L’auteure rend compte de son expérience en tant que témoin de la « perte de l’imagination » de toute une génération, et des conséquences entraînées par cette perte.
Le conflit n’est pas une agression
Des relations intimes aux politiques globales, Sarah Schulman fait le constat d’un continuum: individus comme États font souvent basculer les situations conflictuelles dans le registre de l’agression, criminalisant leurs opposants pour couper court à la contradiction et échappant ainsi à leur propre responsabilité dans les conflits. En distinguant conflit et agression, l’autrice interroge notre culture de la stigmatisation.
Ce travail profond, aussi courageux qu’impertinent, montre comment la sanction et la répression prennent le pas sur l’auto-analyse à l’échelle individuelle et collective, et comment l’altérité sert de justification à la violence et à l’exclusion. Ce livre intentionnellement polémique offre un aperçu des dynamiques contemporaines et historiques qui prennent les différences intimes, raciales et géopolitiques pour des éléments déclencheurs de la course à l’injustice, à l’exclusion et à la répression.
Le conflit n’est pas une agression est un virulent plaidoyer contre le phénomène culturel de l’accusation, révélant combien les personnes en situation de pouvoir exacerbent et manipulent la crainte de l’« autre » pour éviter toute remise en question.
Mon musée de la Cocaïne
L’or et la cocaïne sont les deux matériaux bruts de Mon musée de la Cocaïne. C’est au cours de leur transformation et raffinement que ces deux substances ramènent avec elles une histoire de l’oppression et de l’esclavage.
Dans ce livre, l’anthropologue australien Michael Taussig prend comme point de départ la proposition de bâtir un musée de la Cocaïne (qui serait l’image reflétée du musée de l’Or de la Banque de la République à Bogotá) et dresse un portrait sans concession de la vie des mineurs afro-colombiens aspirés dans le monde dangereux de la production de cocaïne au fin fond de la forêt tropicale, sur la côte pacifique de la Colombie. Il décrit la violence, la pauvreté, mais aussi les croyances qui surgissent des marais envahis de mangroves et des rivières tropicales qui, pendant plus de cinq cent ans, ont attiré, ruiné et décontenancé Amérindiens, orpailleurs, conquistadors et pirates, esclaves africains, ingénieurs russes et guérilleros marxistes.
Mon musée de la Cocaïne se présente comme un assemblage éclectique d’histoires et d’anecdotes, présenté comme autant de salles d’un hypothétique musée de la Cocaïne, au sein desquelles le lecteur est invité à déambuler, en croisant des références qui vont de Charles Dickens à Franz Kafka en passant par la poésie de Seamus Heaney.